Lieu : 33780 l'Amélie-sur-Mer
Situation : Sur la D 101 E1 à 3 km au sud de Soulac-sur-Mer
Se garer près de la chapelle
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Durée : 1h15 soit 5 kilomètres
Difficulté : aucune
Ne vous imaginez pas, qu’en Aquitaine, le soleil brille chaque jour. Comme partout en France l’Aquitaine vit en alternance des journées ensoleillées, grises, pluvieuses, fraiches, très chaudes. Mais cela ne doit empêcher quiconque de sortir et de profiter des bienfaits de la nature et du climat marin offerts par cette magnifique région. Voilà ce que nous nous étions dit en cette journée grise et pluvieuse du mois d’août. En contrepartie nous étions certains de ne rencontrer que peu de monde sur le parcours de notre balade.
Nous choisissons d’accomplir une balade d’une heure quinze se déroulant à la fois en forêt et sur la plage. J’ai dans l’idée de montrer à mon jeune ami les effets de l’érosion sur cette partie de la côte atlantique.
Voiture stationnée sur le parking de la chapelle, chaussures de marche aux pieds, coupe-vent et bouteille d’eau dans le sac, d’un pas alerte, nous empruntons la route dos à l’océan jusqu’à un carrefour. Là, par la droite, allée de la Négade nous nous engageons sur une chaussée forestière menant à la pointe du même nom. Peu de promeneurs. Seuls, quelques cyclistes luttent contre le vent quand deux rollers s’essaient à leur nouveau loisir. La route a été tracée dans une forêt de pins et de chênes. Mon jeune compagnon m’apprend à siffler à l’aide d’une cupule de gland placée entre deux doigts. Notre promenade est ponctuée d’arrêts que nous mettons à profit pour observer fourmis, escargots, araignées, abeilles butinant les fleurs de bruyère. Parfois ce sont les mûres que nous engloutissons dans un concours de vitesse pour ensuite comparer la couleur de nos dents noircies par les petites baies dans un grand éclat de rire ! Au bout de la route, derrière de petites dunes, la mer. Nous l’attendions. Une pluie fine nous fait revêtir nos coupe-vent. La plage est immense et quasi déserte. Seuls quelques couples marchent d’un bon pas. Nous partons sur la droite pour rejoindre notre point de départ.
Nos regards sont attirés par tout ce que la mer a déposé. Petits galets, coquillages, algues, parfois ce sont des plumes que nous trouvons sur le sable. Deux pêcheurs s’essaient au lancer de l’épervier*... Nous nous laissons porter par le vent, d’autres fois, par jeu, nous luttons contre lui. Jusqu’où pourrait-il nous porter sans que nous tombions ?
Nous remontons la plage en direction de l’Amélie. Côté droit, la dune est une falaise de sable abrupte de près de 8 m de haut. Ce lieu est soumis à une érosion marine particulièrement active du fait de l'action combinée de la houle vers le Sud et des violents courants de marée de l'estuaire de la Gironde vers le Nord. Le site est progressivement grignoté. Par endroit, la dune a totalement disparu et la mer ronge les espaces boisés. Les arbres sont penchés, les racines apparaissent, on comprend qu’ils ne sont plus là pour très longtemps.
Côté mer, les blockhaus, qui dominaient la plage à la fin de la guerre, sont maintenant dans l'eau à marée haute. Au bout de la plage, au niveau de l’Amélie, l’homme a placé des enrochements pour limiter les effets de l’érosion. Après 1heure et demi de balade nous regagnons notre véhicule, ravis des observations que nous avons pu mener. Deux minutes après être installés dans la voiture, la pluie se met à tomber sans discontinuer !
Nous avons eu de la chance !
*L’épervier est un filet à lancer en chanvre de forme ronde. Une corde de jet, placée en son centre, permet de le lancer puis de le retirer de l’eau. L’épervier est garni de plombs sur toute sa périphérie. Un système de mailles supplémentaires (les jambettes) permet, sur le pourtour du filet, de créer une sorte de poche dans laquelle les poissons seront emprisonnés.
Bonne balade !
Le saviez-vous ?
- L’érosion est due à la remontée des océans dont le niveau a augmenté de 120 mètres depuis la fin des temps glaciaires, il y a environ 15 000 ans. Il y a eu de courts épisodes pendant lesquels le processus s’est inversé. La régression marine a alors favorisé l’accumulation de sable, et la croissance des dunes. C’est ainsi que l’église de Soulac a été ensevelie en 1756 !
- L'érosion marine qui entaille la dune de plusieurs mètres à chaque tempête a mis au jour des terrains très anciens. Ceci a permis a un paléontologue de découvrir sur le littoral de Soulac, 40 haches de bronze et 5 anneaux de fil d'or vieux de plus de 3500 ans !