Lieu : Gavarnie 20 km au sud de Luz-Saint-Sauveur
Durée : 3h45
Dénivelé positif : environ 400 mètres
Difficulté : une bonne condition physique est nécessaire pour cette balade
Parking : à l’entrée du village
Conseils : prenez vos jumelles pour l'observation
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Neuf heures, Gavarnie, petit village de montagne des Hautes-Pyrénées, n’est pas tout à fait éveillé. Le parking, encore payant à cette époque de l’année, est presque vide. Nous nous équipons et entreprenons la traversée du village en direction du cirque. Restaurants et boutiques se succèdent. Près d’un million de visiteurs viennent chaque année sur ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997 !
Nous longeons le Gave de Gavarnie, cours supérieur du Gave de Pau, jusqu’au bar « La Chaumière ». Après le bar, un sentier sur la gauche pour 50 mètres puis à droite en direction des Espuguettes devrait nous mener au plateau de Pailla à 1742 mètres. Quatre cents mètres de dénivelé à gravir !!!! Cet itinéraire original permet de découvrir ce site exceptionnel à l’inverse de la plupart des randonneurs qui commencent l’ascension à partir du fond de cirque. Pour qui le souhaite il est également possible de s’offrir balades à cheval ou à dos d’âne.
Le chemin s'élève graduellement, enchaînant les lacets pour révéler petit à petit le célèbre cirque. D’un diamètre de 6 kms, les parois atteignent 1500 mètres. Tout autour, les roches de calcaire gris, rose ou ocre sont baignées de soleil. Nous traversons de petits espaces forestiers. La montée semble interminable. Chaque nouveau lacet franchi nous paraît être le dernier, mais il s’en trouve toujours un nouveau derrière. Nous avons pourtant l’impression d’être proche du sommet. Quelques arrêts nous permettent de contempler les paysages, (côté cirque mais aussi côté aval du Gave de Gavarnie), d’observer les arbres, les champignons, les fleurs telle la belle Aconit Napel, les araignées. En réalité ils permettent avant tout de se reposer ! Nous nous régalons de quelques framboises échappées à la gourmandise des passants.
Après une bonne heure et demie de marche, le plateau du Pailla apparaît enfin. De grosses pierres en forme de menhirs semblent avoir été disposées pour baliser le sentier. Pour se remettre de cette ascension, nous nous accordons un quart d’heure de paresse dans la prairie couverte de colchiques. La fin de l’été est proche… A une cinquantaine de mètres, trois marmottes gambadent, ignorant notre présence ! Nous avons le sentiment d’être seuls au monde, privilégiés face à cette nature exceptionnelle ! Je pense à tous ces personnages qui, fin XVIII ème siècle et pendant tout le XIX ème siècle se sont passionnés pour le massif de Gavarnie et l’ont fait découvrir au monde entier. Ramond de Carbonnière, Henry Russell, Victor Hugo, Schrader. Ils sont botanistes, topographes, écrivains romantiques, pyrénéistes, peintres, photographes, et tombent tous amoureux de la grandeur, de la beauté du site.
Nous laissons partir à gauche le sentier des Espuguettes et passons devant le chalet refuge du Pailla. Près de la source un troupeau de chèvres à l’estive nous regardent, méfiantes. Nous poursuivons sans trop savoir où nous diriger. Le balisage se fait discret. D’après notre guide papier le sentier descend en corniche pour rejoindre l’hôtellerie du Cirque. Nous ne verrons jamais cet hôtel… Un troupeau de bovins se repaît d’une prairie verte et fleurie.
Nous faisons face à un ensemble de sommets de plus de 3000 mètres : Taillon, Casque, Epaule, Tour, Marboré... La fameuse brèche de Roland vient "briser" cet ensemble. Elle permet de passer facilement du côté Espagnol. « La chanson de Roland » me revient en mémoire ! Je me souviens du passage ou le chevalier Olivier, grand ami de Roland demande à celui-ci de sonner du cor pour avertir Charlemagne qu’une troupe de Sarrazins s’approche de l’arrière garde. Roland après avoir tout tenté sonnera du cor tellement fort qu’il se crèvera les tympans !
Nous poursuivons notre balade par la piste qui descend et croisons de nombreux randonneurs essoufflés. Avec malice, nous encourageons leurs efforts, leur laissant entendre que le plateau n’est plus très loin.
Après quatre heures de balade, nous retrouvons Gavarnie. La petite cité n’est plus la même. La rue qui traverse le village est maintenant très animée. Les boutiques de souvenirs ne désemplissent pas. Les touristes sont installés aux terrasses des auberges et des restaurants. Notre place de parking ne restera pas longtemps vide !
Le saviez-vous ?
Situé à 1375 mètres d'altitude, Gavarnie est le village le plus haut des Hautes Pyrénées. Hameau de berger au Xème siècle, il se développe petit à petit du fait de la proximité du port de Boucharo qui est le passage le plus court et le plus pratique entre la France et l'Espagne pour les commerçants et les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1842, Gavarnie devient une commune. C'est vers cette époque que sa population atteint son maximum avant d'entamer un lent déclin.
Aujourd'hui le village vit principalement du Tourisme. L'hiver, les cascades gelées de la muraille du cirque voient arriver les aventuriers des dernières trouvailles du pyrénéisme de difficulté : l'escalade sur glace.
Victor Hugo a dit de Gavarnie : "C'est l'édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes ; c'est le colosséum de la nature". ...
UNESCO
En décembre 1997, l'Organisation des Nations Unies pour la Science, la Culture et l'Education (UNESCO), a distingué le massif Gavarnie-Mont Perdu en l’inscrivant sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité pour la qualité de son patrimoine naturel et culturel.
L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde, considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. La liste du patrimoine mondial comporte 848 biens considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle Ces biens comprennent 656 biens culturels, 167 naturels et 25 mixtes situés dans 138 états. La France compte 31 sites répertoriés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
http://portal.unesco.org/fr
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