Connaissez-vous cette petite vallée des Pyrénées ?
Accès : Environ 63 kms de Tarbes
Voir carte ViaMichelin
Point de départ : Résidence hôtelière le Lustou
Durée : boucle de 2 heures 30
Difficulté : facile
Conseil : prévoyez de bonnes chaussures de marche
Cette petite station familiale des Pyrénées, est située à 63 kilomètres de Tarbes et 150 km de Toulouse. Sans circulation, dans un cadre magnifique, Val Louron est un lieu idéal pour les amoureux de la nature.
En hiver, 22 kilomètres de pistes entre 1450 et 2100 mètres d’altitude s’offrent au skieur. En été, il est possible de parcourir à pied 80 kilomètres de sentiers et 30 kilomètres en VTT.
1er mars 2006 : ce matin le temps incertain engage peu à se lancer sur les pistes. Comme nous ne sommes venus que pour deux jours nous enfilons combinaisons et chaussures de ski sans oublier de nous renseigner sur quelques solutions de repli en cas de dégradation de la météo. Après une matinée d’évolutions dans le brouillard, nous décidons de nous joindre à un petit groupe de randonneurs pour deux heures de balade.
Rendez-vous à 14 heures à l’accueil de la résidence hôtelière. Christian, notre guide nous propose une randonnée sur les traces et les empreintes d’animaux. Tombée la veille, cette neige est une bénédiction !
C’est en contrebas de la station que nous éprouvons nos premières émotions.
Quatre pelotes digitales bien marquées, un grand coussinet plantaire, des griffes longues et pointues, le tout dans une progression régulière et sur une seule ligne. Pour Christian, aucun doute, le renard est passé par là. Nous aimerions bien le rencontrer. Malheureusement les animaux sauvages, farouches et craintifs, se cachent dans les buissons et bien souvent ne sortent que la nuit. Nous sommes émerveillés de trouver ces empreintes si proches de la station. Mais de quoi se nourrit-il ? Ce carnivore est un opportuniste. Son régime très varié est constitué de proies vivantes, de charognes, de végétaux et même de déchets ménagers. Voilà peut-être pourquoi nous le trouvons si près des habitations.
Sur le sentier, un couple de raquettistes évolue avec enthousiasme. Un peu plus loin, quelques enfants glissent avec joie sur de courtes pentes enneigées.
Trois doigts fins vers l’avant, un vers l’arrière. Quelques griffures parallèles dans la neige fraîche. D’après notre guide il s’agit de traces laissées par les plumes d’ailes d’un oiseau qui s’est envolé de cet endroit. Une pie ?
Un jeune enfant associant les empreintes se plait à imaginer le renard poursuivant l’oiseau …
Les animaux, comme les humains, préfèrent emprunter les chemins. C’est à partir de celui que nous parcourons que nous découvrons d’autres traces. Deux marques de pattes placées l’une derrière l’autre puis à l’arrière deux autres plus écartées. Nous venons de croiser les empreintes du lièvre. Celui-ci semble être de grande taille. A proximité, des rameaux coupés très proprement. Notre lièvre est passé par là pour se nourrir. Sur la neige, de petites billes brunes ! Christian en saisit une, nous la fait observer, et déclare « il s’agit d’une crotte de lièvre mâle. Vous voyez, elle se termine en pointe, c’est donc un mâle. Celles des femelles sont plus arrondies ! »
La balade se fait en surplomb de la vallée du Louron. Le long du chemin, quelques vieilles granges aux toits pointus ont été transformées en résidences secondaires. De très petite taille, ces demeures s’intègrent parfaitement dans le paysage. Leur toiture nous rappelle que nous sommes proches d’un bassin ardoisier. La plupart des ardoises ont été taillées mécaniquement mais certaines portent la marque d’une découpe artisanale.
Notre attention détournée par la beauté du paysage et le lac de Génos-Loudenvielle nous a fait oublier notre centre d’intérêt initial. Quelques beaux buissons de houx et de genièvre apportent une touche de couleur au paysage.
Christian nous interpelle pour nous faire partager sa découverte. Une empreinte que nous n’avions pas encore croisée. Ressemblant à celle du renard, il s’agit sans aucun doute d’une trace laissée par un carnivore. Plus petite et légèrement plus allongée, la profondeur de l’empreinte nous fait penser que l’animal est plutôt léger. Une martre est passée par là…
On rencontre la martre dans toutes les régions où les massifs forestiers demeurent, mais elle semble affectionner particulièrement les formations de conifères. Son gîte, qu'elle ne fréquente jamais bien longtemps, est situé dans un nid d'écureuil, une aire de rapace, un arbre creux.
Après concertation, nous décidons de gravir une colline qui surplombe la route. De jeunes conifères émergent de la neige. Parfois le pied mal assuré glisse, d’autres fois, on entend un cri suivi d’un éclat de rire, c’est un brusque enfoncement jusqu’à mi-cuisse.
Christian nous apprend à différencier l'empreinte du chien de celle du renard. S’il est possible de tracer une croix entre les pelotes d’un renard ceci est inenvisageable chez le chien.
Nous sommes fiers de pouvoir reconnaître les traces que nous croisons. Elles sont tellement nombreuses que nous nous demandons si les lièvres ne poursuivent pas les renards.
La petite colonne progresse avec difficulté dans la neige. Dernière surprise : une voie d’empreintes regroupées par quatre et de petites tailles. Nous venons de croiser le passage d’un écureuil. A terre l’animal se déplace par bonds.
Sortis de la collinette, nous empruntons la route sur quelques centaines de mètres. Plus de traces. La station de Val Louron se rapproche. Un igloo construit sur la gauche invite le curieux. Basile s’y engouffre et se rêve en Nanouk.
Nous regagnons la résidence après deux heures et demie d’une très belle balade pédagogique. Ce soir, c’est décidé nous irons nous délasser dans les eaux thermales sulfurées du centre thermo ludique de Balnéa à Loudenvielle quelques kilomètres plus bas.
http://www.lelouron.com/balnea.htm
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