Lieu : Bec d'Andaine, Genêts
accès : D25 par le sud, bien indiqué.
durée : 3H30
difficulté : facile mais soyez prudent
Equipement : Short, pieds nus, vêtements chauds, ciré et pique-nique
Avec ma fille Séverine, nous souhaitions nous rendre au Mont-Saint-Michel pour en découvrir la baie. L’idée d’une randonnée avait germé dans nos esprits. Bien sûr, au préalable, nous devions nous renseigner, et pour cela quel meilleur outil que le web ! Séduit par l’accroche du site http://www.sport-evasion-fr.com/ et après avoir consulté nos agendas respectifs, nous nous étions accordés sur un week-end du mois d’août. Pour notre sécurité nous traverserions la Baie accompagnés d’un guide professionnel agréé «guide de la Baie ».
Août 2005, dimanche matin : rendez-vous au Bec d’Andaine. C’est de cette pointe sablonneuse bordée de dunes, située à un km et demi du centre de Genêts, que démarrent la plupart des traversées pédestres de la baie vers le Mont-Saint-Michel. Les départs quotidiens s’adaptent aux horaires des marées. D’autres participants sont déjà là. C’est au milieu d’un groupe d’une vingtaine de personnes que nous nous entamons la balade.
Nous traversons d’abord les prés salés puis les vases salées (colonisées par la salicorne) et poursuivons la progression dans des sables de différentes consistances. De nombreuses espèces d’oiseaux sont présentes. Chaque année sur la Baie, 134 espèces de volatiles sont répertoriées. Les zones humides périphériques sont fréquentées par des limicoles en hivernage (courlis cendré, vanneau, bécassine, chevalier guignette) ou en migration (courlis corlieu, barge à queue noire et divers chevaliers). De nombreux coquillages jonchent le sable. Il faut dire qu’ici, coquillages, oiseaux, poissons, mammifères, tous les maillons de la chaîne alimentaire sont représentés et profitent des ressources en apparence inépuisables de cet environnement unique.
Nous nous dirigeons vers l’îlot de Tombelaine qui fait face au Mont-Saint-Michel. Il n’y reste qu’un vestige de château construit par les anglais en 1423. A l’époque, ceux-ci souhaitaient faire tomber la place forte du Mont-Saint-Michel. Cet îlot est aujourd’hui une réserve ornithologique. Pour y accéder il faut traverser à gué le fleuve Sée. A l’aide de jumelles, en regardant au loin, on peut voir la Manche. On a même l’impression qu’elle se rapproche de nous.
Halte pique-nique sur l’îlot. On aperçoit un phoque qui nage dans la rivière. Notre guide nous confirme que la baie accueille des mammifères marins. Une petite colonie de phoques veau-marin qui compte environ 25 à 35 individus.
Après le pique-nique, deux options : poursuivre vers le Mont-Saint-Michel, ou regagner le bec d’Andaine.
Un peu fatigués, nous choisissons l’option retour. Mais sans manquer de vivre l’expérience des sables mouvants. Il faut vous dire que les sables mouvants, présents près du lit des rivières, sont des plaques de sable ferme flottant sur du sable gorgé d’eau. Il est vrai que le sable mouvant est entouré de mythes. Le premier mythe raconte que lorsqu’on atterrit dans du sable mouvant, il ne faut pas bouger. Le deuxième est qu’une fois qu’on est dans le sable mouvant, il est impossible d’en sortir. Et le troisième mythe dit qu’on peut se noyer dans le sable mouvant.
Pour démonter l’ensemble de ces mythes, notre guide se laisse enfoncer jusqu’au dessus des genoux, puis nous montre comment s’en sortir. Bien sûr, ce n’est pas évident. Pour sortir du sable mouvant, il faut soulever le pied. Ceci nécessite d’introduire de l’eau dans le sable pour la liquéfier. Quand on bouge, le sable se dépose au fond du trou, et se tasse de plus en plus. Pour peu que l'on ait un pied coincé, il faut une force équivalente à celle pour soulever une voiture pour se sortir du trou ! L'astuce consiste à tourner si possible son pied pour introduire de l'eau entre le sable et le pied, et fluidifier un peu le milieu. Par contre, il est tout à fait impossible de se noyer complètement. La légende des noyades provient sans doute du fait que les sables mouvants se retrouvent fréquemment au niveau des estuaires des fleuves (comme pour le cas du Mont-Saint-Michel). En restant coincé dans le sable, plusieurs personnes ont ainsi pu périr englouties par la marée montante. Nous saurons désormais nous sortir de ce genre de situation si le cas se présente.
1h30 est nécessaire pour regagner la maison du Mont au Bec d’Andaine, point de départ de notre balade.
Nous sommes ravis de notre journée. Cette promenade en baie du Mont-Saint-Michel est une promenade originale et insolite. Dans sa version longue, c’est une randonnée pédestre de cinq ou six heures mais il est tout à fait possible d’effectuer des randonnées de 2 ou 3 heures. Lorsque le temps est beau c’est une superbe balade à réaliser avec des enfants. Nous nous promettons de revenir lors des grandes marées pour assister à la remontée du mascaret.
Découverte de la Baie du Mont-Saint-Michel
La maison du Guide • 1, rue Montoise - 50530 Genêt
Tél : +33 (0)2 33 70 83 49 - Fax : +33 (0)2 33 70 83 33
Pour des informations sur la Baie : http://www.baie-mont-saint-michel.fr/
Le saviez-vous ?
La Grand Baie occupe une dépression d'environ 500 km2 et connait les plus grandes marées du monde en périodes de vives-eaux : la mer montante avance alors sous la forme d'une vague d'un demi-mètre de haut en courant sur 25 km de distance tel un "cheval au galop".
Si la Baie est connue dans le monde entier à travers le Mont-Saint-Michel, elle possède également une diversité exceptionnelle de milieux naturels et agro-naturels avec un estran* meuble de 250 km2, 3 900 ha d'herbes ou prés-salés 2 500 ha de zones humides et 2 800 ha de polders.
* l’estran ou zone de marnage est la partie du littoral située entre les plus hautes et les plus basses mers connues.
La baie est l’estuaire de trois rivières principales dont les bassins versants ont évolué différemment, la Sée la Sélune du côté normand et le Couesnon du côté breton.
Aux temps anciens, la baie était plus vaste, et seules trois îles émergaient : le mont Dol, situé maintenant bien à l'intérieur des terres, le mont Tombe devenu en 708 Mont-Saint-Michel et l'îlot de Tombelaine.
Le Couesnon délimite la frontière entre la Bretagne et la Normandie. Or, celui-ci au gré des ensablements de la baie a modifié son cours et changé de fait le Mont-Saint-Michel de région. Ainsi, comme disent les bretons : « le Couesnon dans sa folie a mis le Mont en Normandie ».
Jadis, le Mont-Saint-Michel était donc bel et bien breton !
La Baie est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
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