Flore des rochers

Le monde des rochers est celui de la verticalité, un monde où ni  la terre, ni la neige ne peuvent s'accumuler. Il y règne donc forts écarts de température et sécheresse. Seules des plantes possédant des adaptations spécifiques à la nature de la roche et aux conditions du milieu peuvent mettre à profit la moindre fissure, s'y maintenir
et survivre.

Saxifrage

Flore des éboulis

Au pied des falaises, les éboulis, monde désertique toujours en mouvement recèlent la vie, une vie qui prend ici allure de défi. Sous les blocs instables, la terre est là, maintenue humide par les eaux de ruissellement et de condensation, chauffée par le soleil, enrichie d'un humus fait des débris végétaux retenus.

Linaire des Alpes

Flore des prairies

Pelouses et prairies sont le domaine de la lumière et donc de la vie. Pourtant les conditions y sont rudes et le deviennent encore plus avec l'altitude. Malgré tout, pelouses et prairies regorgent de fleurs d'une grande diversité, souvent vivaces, parfois naines sans compter les espèces endémiques qui y sont plus nombreuses qu'en forêt.

Arnica vrai

paysagemercantour

Une flore spécifique

Le Haut-Verdon se trouve à la limite occidentale du massif de l'Argentera Mercantour. Celui-ci a été pendant des millions d'années le carrefour d'influences bioclimatiques engendrées par quatre grands courants floristiques originaires de l'Arctique, de l'Europe centrale, de la Méditerranée et des régions océaniques, d'où l'extrême richesse des espèces.

Par exemple, sur les 2 800 plantes supérieures présentes dans les Alpes-Maritimes, le massif du Mercantour-Argentera peut s'enorgueillir d'en compter 1500 dont 150 rares et 32 endémiques.

Protéger les fleurs, pourquoi, comment ?

Sortie de son écrin avec lequel elle a établi une relation symbiotique, une fleur dépérit rapidement. Mais d'autres raisons plaident en faveur d'une protection des espèces végétales : maintien de la diversité génétique pour assurer la survie de l'humanité,  protection du patrimoine des "générations futures". C'est le but poursuivi par les espaces naturels - parcs nationaux, parcs régionaux, réserves naturelles - et par la classification en "espèce protégée" répertoriée au plan, soit national par le décret de 1982, soit régional dans le" livre rouge"

La protection s'impose d'autant plus que la reproduction en milieu naturel n'a pas une haute rentabilité. Sur des milliers de graines produites, peu arrivent à maturité. Ensuite il faut que la jeune plante se développe malgré les mille dangers qui la guettent : froid, sécheresse, piétinement, avalanche, sans compter les insectes, les oiseaux... Cueillir une fleur, c'est porter un coup fatal à cette possibilité de reproduction déjà précaire. De plus cela amoindrit la diversité génétique. Ces deux conséquences prennent un poids accru dans le cas d'espèces endémiques qui ne vivent qu'en de rares stations de surface restreinte.

En l'espace d'un geste, le résultat d'années de lutte pour survivre dans un milieu plutôt hostile peut être réduit à néant. Il est pourtant une façon bien simple de conserver indéfiniment la beauté fugace des fleurs : les prendre en photo.

Parc National du Mercantour

Les gentianes

Les gentianes appartiennent avant tout au monde sauvage, mais certaines espèces sont cultivées pour leurs fleurs en forme de trompette qui sont le plus souvent d'une couleur bleue inimitable. D'autres espèces de plus grande taille, telle la grande gentiane, ont des fleurs de couleur jaune.

Il est toujours bon de rappeler que nombre de gentianes sont protégées et que leur cueillette et encore plus leur arrachage est interdit.


Gentiane bleue

Grande gentiane

Gentiane champêtre

 

Le Génépi d'Alphonse

Le génépi Artemisia Mutellina, petite plante de haute montagne, aux vertus curatives et même "magiques" selon les anciens, est ramassé durant l'été.
La plante est protégée.

Il a incontestablement des vertus digestives. Et il y a différentes façons de le préparer. Souvent, les montagnards vous diront de laisser macérer les plantes fraîchement cueillies dans de l'eau-de-vie. C'est en effet une recette très simple. Mais votre génépi sera meilleur encore si vous le préparez comme le font, depuis des générations, les riverains du Taillefer.

Prendre un bocal d'un litre.
Dedans, mettre un demi-litre d'alcool. Au dessus, laisser pendre 40 brins de génépi. Attention le génépi ne doit pas toucher l'alcool ! Refermer hermétiquement le bocal.

Au bout de quarante jours, retirer vos 40 brins de génépi, (l'alcool aura déjà pris une teinte jaune) et faites-en une infusion, dans un demi-litre d'eau.

Verser ensuite votre infusion dans le demi-litre d'alcool.

Ajouter 40 morceaux de sucre.

N.B. - Si vous n'aimez pas les liqueurs sucrées, vous pouvez faire une entorse à cette règle des "quarante" en ne mettant que vingt sucres dans votre bocal.

L'edelweiss, légende

On l'appelle aussi "étoile de glaciers". La légende raconte qu'après avoir conduit les Rois Mages auprès de l'Enfant Dieu, l'étoile s'inquiéta. Elle risquait,
en réapparaissant dans le ciel, de faire croire aux Rois Mages à l'arrivée d'un nouveau messie. Elle erra longtemps afin de trouver un refuge. Apercevant les Alpes qu'elle jugea parfaites, elle se divisa en une infinité de petites étoiles filantes et descendit sur les cimes. Les étoiles des glaciers, tels des astres de velours blanc étaient nées.

Edelweiss

Ce site a été créé pour Alphonse, berger transhumant dans les Alpes de Haute-Provence. Crédits photos : Brigitte Eude, DR