Je dispose de 3 cabanes.
Cabane de Congerman
La première se trouve à La Colle-Saint-Michel, mon premier quartier d'été, la seconde au Pasquier où je m'installe fin juillet, et la dernière est celle de l'Orgeat, que je rejoins fin août.
Je n'occupe pas la cabane de Congerman mais à côté de celle-ci se trouve une source jamais tarie. L'assurance en période de sécheresse de toujours pouvoir faire boire les animaux !
Cabane de l'Orgeat
Comme les pâturages que je loue pour les cinq mois d'estive les cabanes appartiennent à l'ONF Office National des Forêts.
J'ai 3 chiens de conduite et 4 chiens de protection.
Banjo, mon meilleur chien
Comme j'aime la musique ils portent tous des noms d'instruments ou de danse.
Banjo est mon plus fidèle compagnon, toujours aux ordres. C'est lui qui me rassemble les brebis.
Rock, le plus timide
Mes chiens de conduite, je les préfère noirs, on les repère mieux dans le troupeau !
Je suis berger depuis près de 30 ans. Mon premier métier était boucher. Un jour j'ai eu besoin de choisir une vie plus proche de la nature. J'ai commencé avec quelques brebis, puis mon troupeau s'est agrandi au fil des années. Aujourd'hui j'ai 700 bêtes et je fais partie d'un groupement d'éleveurs qui me confient leurs animaux pour la transhumance.
Chaque année au mois de mai je pars de Ginasservis, dans le Var, avec mes brebis et les "tardons" pour aller à La Colle-Saint-Michel dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cela me prend une douzaine de jours. C'est une période très agréable. De nombreux amis viennent m'aider depuis des années, l'ambiance est très chaleureuse.
C'est à Saint-André-les-Alpes que je récupère les brebis des autres éleveurs. Cette année je suis monté avec un troupeau de 1650 têtes. J'ai aussi une dizaine de chèvres et six ânes qui eux me servent au transport du matériel.
Je reste en montagne jusque début novembre et sur trois zones géographiques. Ma période préférée : le mois d'août, j'aime beaucoup les pâturages et la cabane du Pasquier. Avec le troupeau nous sommes alors installés au pied du Grand-Coyer dans des paysages magnifiques. De plus, à cette période, toute ma famille m'accompagne et de nombreux amis viennent nous voir. C'est la fête tous les soirs ! La période la plus difficile, c'est bien la dernière. Les journées raccourcissent, la météo devient difficile avec parfois de la neige !
Je regroupe le troupeau tous les trois jours, pour compter les brebis mais surtout pour les contrôler et les soigner. A la mi-septembre, la foire annuelle de Saint André-les-Alpes nous permet de vendre une partie du troupeau... Une vie pas toujours facile mais que je n'échangerai pour rien au monde !
Il y a quelques années un photographe et un reporter ont suivi la transhumance aux côtés d'Alphonse et Patricia. Résultat : un livre : Transhumance, un berger raconte
Cette année ça a commencé fin août. Il m'a mangé plus de 25 brebis. La première attaque a eu lieu deux jours après les hurlements provoqués. Les loups avaient répondu et sont restés dans le coin !
Je viens au Petit Coyer quand il n'y a plus beaucoup d'herbe au Pasquier mais je n'aime pas garder dans les mélèzes. Les brebis se coupent et parfois ne rentrent pas à la couchade. Résultat : facile pour le loup de se servir !
Lorsqu'on repère des vols de corbeaux ou de vautours fauves, on peut être sûr qu'il y a un cadavre en dessous !
La quatrième en deux semaines !
C'est bien souvent dans les combes qu'on les retrouve.
Le pire, c'est de se rendre compte qu'elles ont été tuées et pas mangées... ou de trouver des blessées qu'il faut saigner.
Nous ne vivons plus en paix !
Depuis deux ans et pendant toute la saison, l'association Ferus m'envoie des bénévoles. Ils viennent à tour de rôle pour deux ou trois semaines passer les nuits avec le troupeau. Une protection supplémentaire contre le loup, et surtout une tranquillité d'esprit pour moi.
Jusqu'à présent je n'ai jamais eu de perte à la couchade.
Les bénévoles sont parfois un peu bizarres ! Mais globalement ils sont sympathiques, et je peux dire, plutôt courageux. Il y a en même qui reviennent plusieurs années de suite !
Dans la région toutes les météos sont possibles ...
Au fait, savez-vous comment on les reconnait ?
Ils ont tous une polaire et un couteau suisse !
Ce site a été créé pour Alphonse, berger transhumant dans les Alpes de Haute-Provence. Crédits photos : Brigitte Eude, DR