- Emilie Carles (1900-1979)
Née en 1900 dans un petit village des Hautes-Alpes, Emilie Carles est la seule, des six enfants de sa famille à poursuivre des études.
Les journées d’Emilie sont doubles : aux champs et à l’école.
A 16 ans elle quitte sa vallée pour Paris, afin d’obtenir son diplôme d’institutrice.
Revenue enseigner au pays, Emilie apprend à ses élèves la tolérance, le refus de la guerre et la fierté de leurs traditions paysannes.
Lors d’un projet d’autoroute qui aboutirait à la destruction de la Vallée, Emilie réussit à mobiliser la population de Val de Près.
En 1973 à Briançon, elle prend la tête d’une manifestation contre ce projet.
En 1976 elle fait grosse impression lors d’une conférence de presse.
1977-1978 un livre lui est demandé, il paraît en 1978, il a été écrit en collaboration avec Robert Destanque, c’est « La soupe aux herbes sauvages » (l’avenir d’une vallée) .
Vallée classée, appréciée pour son calme et sa nature, préservée par la volonté de ses habitants, la Clarée est le cadre du fameux livre d'Émilie CARLES, Une soupe aux herbes sauvages, 1978.
- Samivel (1907-1992)
Écrivain, peintre, explorateur et humoriste, Samivel sera également un ardent défenseur de la montagne,
Il milite entre autre pour la Fondation du Parc de la Vanoise et écrit une quarantaine d’ouvrages sur la montagne.
Il a composé ce poème à l’intention des visiteurs des parcs nationaux.
« Extrait des Commandements du parc national de la Vanoise »
"Voici l'espace. Voici l'air pur. Voici le silence.
Le royaume des aurores intactes et des bêtes naïves.
Tout ce qui vous manque dans les villes
Est ici préservé pour votre joie.
Eaux libres : hommes libres.
Ici commence le pays de la liberté.
La liberté de bien se conduire.
La faiblesse a peur des grands espaces.
La sottise a peur du silence.
Ouvrez vos yeux et vos oreilles. Fermez vos transistors.
Pas de bruit. Pas de cris.
Pas de moteurs, Pas de Klaxons.
Ecoutez les musiques de la montagne.(...)
Un visiteur intelligent ne laisse aucune trace de son passage.
Ni inscriptions. Ni destructions. Ni désordre. Ni déchets.
Les papiers gras sont les cartes de visite des mufles..
Récoltez de beaux souvenirs mais ne cueillez pas de fleurs.
N'arrachez surtout pas les plantes : il pousserait des pierres.
Il faut beaucoup de brins d'herbe pour tisser un homme. (...)
Oiseaux, marmottes, hermines, chamois, bouquetins,
Et tout le petit peuple de poil et de plume
Ont désormais besoin de votre amitié pour survivre.
Déclarez la paix aux animaux timides
Ne les troublez pas dans leurs affaires
que les printemps futurs réjouissent encore vos enfants. "
- Albert Richard Smith (1816-1860) fût l’anglais le plus célèbre de Chamonix pour sa passion sans fin du Mont-Blanc.
L’ouvrage « Les Paysans de Chamonix » lu pendant sa petite enfance est à l’origine de sa passion pour les Alpes. C’est en 1851 qu’il part à la conquête du Mont-Blanc avec trois amis,
4 guides pour chacun et un monceau de victuailles.
Il fit tirer le canon à son retour à Chamonix pour fêter sa victoire, ce qui lui valut les foudres de Ruskin.
Il devint guide et guida entre autre le futur Edouard VII. Entre 1852 et 1857 il donna 2000 représentations de son ascension avec diaporamas, dessins et gravures.
Il attira ainsi 193 754 spectateurs. Il développa à Londres une véritable « Mont-Blanc mania » :
jeux de l’oie du Mont-Blanc, cartes à jouer du Mont-Blanc.
Il resta le plus célèbre des Anglais jusqu’à sa mort en 1860.