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  - Hector Berlioz (1803-1869) grandit dans la plaine de Bièvre-Liers en Isère, à La Côte-Saint-André, au début du XIXe siècle.
Si il fût un grand musicien il n'en fût pas moins un écrivain.
La nature fit partie intégrante de son environnement, elle génère en lui des sentiments à la fois de bonheur et de tourmente, c’est ainsi qu’il décrit dans ses mémoires ce qu’il ressentit à l’âge de 16 ans qu’il appellera « le mal de l’isolement ».
Hector Berlioz, Mémoires, chapitre XL.
Par une belle matinée de mai, à la Côte-Saint-André, j’étais assis dans une prairie, à l’ombre d’un groupe de grands chênes, lisant un roman de Montjoy, intitulé : Manuscrit trouvé au mont Pausilippe. […]
Silence. Léger frémissement des blés en fleurs, ondoyant sous la molle pression de l’air du matin. Cri des cailles amoureuses appelant leur compagne . L’ortolan plein de joie, chantant sur la pointe d’un peuplier. Calme profond, une feuille morte tombant lentement d’un chêne, coups sourds de mon cœur… évidemment, la vie était hors de moi, loin, très loin.
« Et l’accès se déclara dans toute sa force, et je souffris affreusement, et je me couchai à terre, gémissant, étendant mes bras douloureux, arrachant convulsivement des poignées d’herbe et d’innocentes pâquerettes qui ouvraient en vain leurs grands yeux étonnés, luttant contre l’absence, contre l’horrible isolement. »

Nature immense, impénétrable et fière,
Toi seule donnes trêve à mon ennui sans fin.
Sur ton sein tout-puissant je sens moins ma misère,
Je retrouve ma force, et je crois vivre enfin.
Oui, soufflez, ouragans, criez, forêts profondes,
Croulez, rochers, torrents ! Précipitez vos ondes !
À vos bruits souverains ma voix aime à s’unir.
Forêts, rochers, torrents, je vous adore! Mondes
Qui scintillez, vers vous s’élance le désir
D’un cœur trop vaste et d’une âme altérée
D’un bonheur qui la fuit.»

  - Laurent Chappis
« Non, le Courchevel d’aujourd’hui n’est pas ce que ses concepteurs voulaient que ce soit ! ».(Tiré du livre L’Anarchitecte de Philippe Revil). Tels sont donnés les mots de Laurent Chappis, randonneur, poête et montagnard, auteur de l’aménagement de Courchevel à l’époque ou le virus de la glisse n’était pas encore né.
Laurent Chappis, né en 1915 à Aix les Bains déclare à Courchevel devant une assemblée d’officiels « Non, le Courchevel d'aujourd'hui n'est pas ce que ses concepteurs voulaient qu'elle soit ! " Il la décrira comme « Un monde enchevêtré, embouteillé, déroutant de floklore de pacotille ! ».
Architecte, urbaniste, il a toujours fait passer la montagne avant tout : « Elle est architecture » déclare-t-il. Les constructions ajoutées par l'homme doivent s'inscrire dans le site avec humilité, pas plus haut que la cime des arbres "
Chappis croyait à la cohabitation rurale et touristique, il pensait que la montagne pouvait être autre chose qu'un prétexte à faire de l'argent, beaucoup et par tous les moyens.

 

 

  - Anna de Noailles (1876-1933)
Anna Élisabeth de Brancovan voit le jour le 15 novembre 1876. Son enfance se partage entre Paris et le chalet d'Amphion, à côté d’Evian. C'est là que Anna passe les heures heureuses de son enfance et que se forge son éducation esthétique et sentimentale. Toute son œuvre ultérieure sera baignée par la beauté paisible du lac Léman.
Trois romans, une autobiographie, Le Livre de ma vie, plusieurs volumes de poèmes firent sa renommée. L'œuvre poétique de cette aristocrate est nourrie d'un intense amour de la nature.

  - Jean-Jacques Rousseau
« Tout vient, découle et retourne à la nature, et c’est par elle que nous apprenons notre état d’être humain pensant » ;
Telle était les pensées de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), qui vécut à Chambéry de 1732 à 1742 dans une petite maison au penchant d’un vallon : Les Charmettes. C’est à l’âge de 20 ans que Rousseau arrive à Chambéry avec sa compagne Madame de Warens.
Ces 10 années de grande sérénité et de bonheur lui apportèrent la découverte de la nature, de la musique, de l’amour et de la lecture.
Jean-Jacques Rousseau était herboriste et botaniste et ses longues promenades au cœur de la nature sont à l’origine de ses théories.

  - John Ruskin (1819-1900)
La montagne était l’amour de Ruskin qu’il dessinait et parcourait à pied. Il était un grand passionné de géologie et vécut l’hiver avec les montagnards qu’il appréciait. Ses notes et ses observations devinrent des livres, dont « Peintres modernes », 31 écrits entre 1843 et 1860. Dans le volume 4, il glorifie la beauté radieuse des montagnes et leur aspect sauvage. Il nomme les Alpes comme « Les Cathédrales de la terre » chef d’œuvre divin et lieu sacré. C’est ainsi qu’il désigna la colère contre ceux qui ne considèrent la montagne que comme un terrain de jeu et d’exploits sportifs.

  - George Sand (1804-1876)
Le Massif central, les Pyrénées, les Alpes : elle était une randonneuse avertie et une observatrice attentive du milieu montagnard.
A l’époque, on n’appréciait guère les femmes arpentant les chemins de randonnée, mais elle fut pourtant une des première femmes membres du Club alpin français et elle nous a légué des textes parmi les plus beaux et les plus inattendus de la littérature de montagne.

  - Stendhal (Henri Beyle1783-1842)
Stendhal, d’origine grenobloise, ne saura décrire la beauté des paysages alpestres qu’il trouvera toujours très brutale : pour lui la neige, le froid, les précipices font référence aux souffrances humaines qu’il a subies. C’est de loin que les Alpes prennent leur caractère grandiose. Il souligne sa sensibilité à la beauté des paysages.
« Ce n'est point en me promenant dans une forêt délicieuse que je puis décrire ce bonheur ; c'est renfermé dans une chambre nue, et où rien n'excite mon attention que je pourrai faire quelque chose».

  - Victor Hugo (1802-1885)
Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802
Victor Hugo, alors âgé de 23 ans, se laisse bercer par la mode de l’époque et c’est en 1825 qu’il découvre les Alpes de Sallanches à Chamonix et part à la rencontre du Mont Blanc. Il voulait voir cet endroit extraordinaire et souhaitait surtout connaître l’homme (Balmat) qui avait fait la première ascension. Victor HUGO se laisse fasciner par les paysages.
Malgré tout, les Alpes restent pour lui synonymes de danger :
« Vous avancerez encore, et alors le vertige, ou quelque autre invincible obstacle, vous forcera de descendre de vos montures et de continuer à pied votre voyage hasardeux, jusqu'à ce qu'enfin vous ayez atteint ces lieux où l'homme lui-même est contraint de reculer, ces solitudes de glace, de granit et de brouillards, où le chamois poursuivi par le chasseur, se réfugie audacieusement entre des précipices, prêts à s'ouvrir et des avalanches prêtes à tomber. »

  - Francis Wey (1812-1882)

Cet écrivain voyageur du XIXème siècle missionné à travers la Haute-Savoie afin de décrire à la France ce nouveau département tout juste rattaché à son territoire, est surpris par l'apparence du clocher de la Chapelle d'Abondance : "On atteint ainsi La Chapelle dont le clocher fantasque se termine par deux lanternes superposées, séparées par des boules de cuivre" .

Ce même Francis Wey en entrant au hameau des Passengués en 1865, est impressionné par "les plus grosses fermes et les plus originales que l'on puisse imaginer. Elles sont coiffées parfois de hautes cheminées pyramidales en planches au foyer desquelles on fabrique les vacherins, fromage renommés du canton d'Abondance".

 

 

 
     
 
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